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Benjamin Del Moral, Préparateur Physique de Haut-Niveau

par Sci-Sport.com | 1 Mars 2016

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Figure 1. Benjamin Del Moral, préparateur physique de haut-niveau en rugby.

Bonjour Benjamin, merci d'avoir accepté de répondre à nos questions. Peux-tu te présenter ?

B. Del Moral - J’ai 39 ans, je suis préparateur physique au Lou Rugby depuis 2011.

Avant j’étais préparateur physique du Stade Français Paris entre 2005 et 2011 (Champion de France en 2007). Cela fait maintenant 17 ans que je travaille dans la préparation physique car très jeune - à seulement 22 ans - j’étais déjà joueur/préparateur physique au Paris Université Club.

J’ai également créé une société qui se nomme "Physiques Performance" avec un blog qui propose plusieurs rubriques et de nombreux articles délivrant des informations précieuses sur la préparation physique, répondant à une double logique de performance et de prophylaxie (prévention et diminution des risques de blessures). Avec ma société, j’interviens régulièrement auprès de sportifs de haut-niveau (autre que le rugby), dans les formations universitaires (DU Préparation Physique, Master entraînement) et des colloques.

Côté diplômes, j’ai complété mon cursus STAPS par deux diplômes universitaires spécialisés, le premier en préparation physique (Diplôme Universitaire Européen à l’intention des préparateurs physiques en sports collectifs, tennis et ski alpin, à Lyon), le deuxième en préparation mentale appliquée à la performance sportive (mené conjointement par les Universités de Clermont-Ferrand et d’Orléans). J’ai également obtenu mon Brevet d’État deuxième degré d’entraîneur de rugby et un mentorship en passant 3 semaines aux Etats-Unis avec la société "Athletes Performance".

Quand a réellement commencé ta carrière de préparateur physique ?

B. Del Moral - Lorsque je suis entré dans le staff du stade Français Paris en 2005 avec une équipe entraîné par Fabien Galthié et Fabrice Landreau, je découvrais le monde professionnel. Il y avait chez chacun un désir de performance, de progression et c’était avant tout une équipe de compétiteurs avec des catalyseurs de victoire, symbolisés par Christophe Dominici, Sylvain Marconnet, Augustin Pichot, Rodrigo Roncero ou Mick James... Tout cela m’a fait prendre conscience que moi aussi je devais m’imposer, que je devais être structuré et méthodique pour réussir dans mon métier. Le fait d’avoir été entouré par des personnes qui réussissent à ce point dans leur domaine, m’a fait dire que je devais me donner les moyens de progresser et d’élargir mes compétences dans ma fonction de préparateur physique mais également d’avancer dans ma vie d’homme.

Quels sont les préparateurs physiques qui ont compté dans ta vie professionnelle ?

B. Del Moral - La liste est très longue... Je vais donc évoquer les 6 personnes qui m’ont sûrement le plus influencées. Tout d’abord, l’actuel préparateur physique de l’équipe féminine de football et ancien préparateur de l’équipe de basket-ball (masculin et féminin), Fred Aubert, un ovni que j’ai côtoyé au Stade Français. Il m’a aidé par son approche pédagogique et sa conception méthodique de la préparation physique. Il a ouvert en moi une boîte de pandore très inspirante.

Puis, je peux citer Alex Marco avec qui j’ai eu la chance de travailler au Stade Français entre 2005 et 2007. C’est un homme très compétent qui m’a fait prendre conscience que "préparateur physique", au-delà d’être une passion, est surtout un vrai métier qui exige beaucoup de rigueur, une remise en cause permanente couplée à une grande capacité d’observation et d’analyse. Depuis 2 saisons, après une expérience de 5 années avec l’équipe d’Italie, Alex est revenu au Stade Français, et je crois que son retour au sein d’un nouveau staff coïncide avec le renouveau de l’équipe qui a été sacrée Champion de France en 2015.

Il y a aussi Mark Verstengen le président fondateur d’"Athletes Performance", aujourd’hui rebaptisé EXOS et Joe Gomes, son ancien directeur de la performance (2006-2014), actuellement responsable de la préparation physique avec les Oakland Raiders en NFL qui ont tous les deux été déterminants dans la construction de mes compétences.

Je veux également évoquer Michael Boyle que je ne connais pas personnellement ; en revanche, la lecture de ses livres et surtout le dernier "Advances in functional training" m’a fait prendre conscience qu’il fallait être dans un processus de formation perpétuel...

Et enfin, Frans Bosch qui est une référence mondiale sur les composantes athlétiques intégrées aux spécificités du sport. Son approche permet aux sportifs d’exprimer pleinement leurs qualités physiques dans leur activité sportive. Je m’inspire beaucoup de son travail en ce moment.

Quels sont tes autres sources d’inspirations ?

B. Del Moral - Mes sources d’inspiration sont le fruit de recherches, de formations et d’échanges depuis plus de vingt ans, j’appelle cela le "benchmarking", je consacre d’ailleurs un chapitre sur ce sujet dans mon livre. Je lis énormément de livres, je suis abonné à plusieurs revues scientifiques, je déchire également des articles, des interviews liées au sport, la science et tout ce qui touche à la performance. Je conserve cela dans des classeurs que je vais humer de temps en temps.

Aujourd'hui avec ton recul et ton expérience, quel(s) matériel(s) utilises-tu et privilégies-tu dans tes séances de préparation physique ?

B. Del Moral - Parmi les accessoires que j’utilise fréquemment et qui sont peu coûteux, on trouve des outils tels que les BOSU, les Kettlebells, les medicine balls, les sangles TRX, les Valslides (patins glissants), les planches d’équilibre comme la plateforme Reebok, le "pivote-barre", et les swissballs.

Travail de gainage dynamique au pivote-barre

Figure 3. Travail de gainage dynamique au pivote-barre.

Travail des ischio-jambiers avec Valslide

Figure 2. Travail des ischio-jambiers avec Valslide.

Mais les équipements que j’utilise le plus souvent sont : les bandes élastiques et l’Aquabag.

Les bandes élastiques offrent des résistances variables et progressives. Plus la bande s'allonge, plus la résistance augmente. C’est pour cette raison qu’il est possible d’ajouter une ou plusieurs bandes élastiques dans des mouvements comme le squat, le développé couché ou l’hyper-extension inversée. Pour chaque mouvement, la tension produite par la bande élastique permet d'améliorer les composantes de force, de puissance et de vitesse (ndlr, Voir nos différents articles et notre dossier sur le sujet). Il existe plusieurs niveaux de résistance pour adapter son entraînement à l’objectif recherché. Je ne cache pas que pour le Lou Rugby, j’achète les bandes élastiques Sci-Sport.

Travail de l'extension de hanche sur un Glute Ham Raise

Figure 5. Travail de l'extension de hanche sur un Glute Ham Raise.

Travail avec charge instable au développé couché

Figure 4. Travail avec charge instable au développé couché
(ndlr, lire notre article sur le sujet).

L’Aquabag, quant à lui, est un sac rigide, rempli d’eau et d’air (l’air servant juste à la rigidité). Ce sac cylindrique, dispose de plusieurs poignées fixées dessus et sur les extrémités pour permettre de le manipuler en prise large ou serrée et d'exécuter une large gamme de mouvements. L’eau qui se déplace librement à l’intérieur du sac va, tout au long des mouvements, renforcer les muscles stabilisateurs et profonds (ndlr, Lire notre article sur le sujet). En effet, le déséquilibre créé à travers le mouvement de l’eau va forcer l’utilisateur de l’Aquabag à lutter pour conserver son équilibre. Très résistant, il peut être jeté, pressé, et son poids est variable en fonction du sportif et du niveau de difficulté des mouvements à réaliser.

Travail en instabilité avec un Aquabag
Travail en instabilité avec un Aquabag

Figure 6. Travail en instabilité avec un Aquabag.

Après, il y a également les équipements plus onéreux comme les plateformes de force, le GymAware (un encodeur linéaire portable) permettant de mesurer la puissance musculaire, ou les appareils à résistance pneumatique comme le Functional Trainer, le Runner ou le Squat de la marque Keiser, qui permettent aux sportifs de produire des mouvements plus rapides et plus puissants par rapport à un exercice réalisé avec une charge constante. L’utilisation des équipements Keiser permet à la fois de diminuer les contraintes mécaniques imposées aux systèmes musculo-articulaires tout en favorisant la production de puissance qu’il est possible de visualiser instantanément sur la console à chaque répétition. Ces appareils m’aident à maximiser l’entraînement.

Travail au Functional Trainer, Keiser

Figure 7. Travail au Functional Trainer, Keiser.

Tu viens d'écrire un livre sur la préparation physique qui sort cette semaine. Qu'est-ce qui t'a poussé à le faire ?

B. Del Moral - Lorsque je me suis rendu compte que les choses dont je parlais avec plaisir ennuyaient mes proches, je me suis dit qu’il était temps d’écrire un livre pour les passionnées de préparation physique. Et même si cela semble prétentieux, j’avais une énorme volonté de transmettre. Je crois sincèrement que ceux qui parlent le mieux de préparation physique sont ceux qui la font.

J’avais également envie de mener un projet de A à Z c’est-à-dire fabriquer un livre de la création à son lancement. Ça fait 5 ans que je suis sur ce projet. Cela n’a pas été de tout repos surtout lorsque l’on exerce un métier à temps plein. Des mannequins au graphiste, en passant par les photographes, j’ai travaillé avec plus de trente personnes sur ce livre, de nombreux collègues de travail sont venus me donner un coup de main. Je suis aujourd’hui soulagé de l’avoir terminé et terriblement excité à l’idée de le partager.

Enfin, je tiens à préciser que pour chaque livre acheté, deux euros seront reversés à la Fondation Albert Ferrasse dont l’objet est de venir en aide aux joueurs de rugby blessés au cours des match ou des entraînements. Si j’ai choisi de reverser à cette fondation c’est que dans mon village d’origine à Saint Jean-en-Royans, dans la Drôme, un ami, Etienne Dallon, aujourd’hui entraîneur, a subi en 1997 des lésions cervicales C6-C7 irréversibles. Donc, c’est l’occasion d’acquérir un livre nouveau sur la préparation physique et de faire une bonne action.

De plus en plus de livres sont publiés sur la préparation physique, en quoi ton livre est différent ?

B. Del Moral - C’est vrai qu’on peut s’interroger ! Des livres sur la préparation physique il y en a déjà beaucoup. Je me devais donc de trouver une voix singulière qui, à travers la forme et le fond, apporte quelque chose qui dépasse ce qui se faisait déjà. C’est pourquoi j’ai choisi d’écrire un livre sur la préparation physique sous l’angle de la prévention et limitation des risques de blessures ce qu’on appelle la prophylaxie. Mon objectif est que, sur ce thème, mon livre soit novateur et apporte une vraie réflexion… A travers ce livre, je traite de choses peu ou pas connues de tous (en France, en tout cas), j’essaie de répondre à une attente et de trouver les mots pour l’exprimer.

Ce livre pose donc la question de la place de la prévention des blessures dans la préparation physique des sportifs. En tant que préparateur physique, je m’interroge sur le sens à donner à la dimension prophylactique dans la recherche de performance. C’est ce qui m’a donné envie d’écrire ce livre. Aujourd’hui, la prophylaxie est une préoccupation très importante dans la préparation physique, il était temps d’écrire un livre entièrement consacré à ce sujet.

Mon livre puise son équilibre entre un récit vivant, agrémenté d’exemples saisissants et une réflexion argumentée qui s’appuie sur les questions auxquelles est confronté le milieu de la préparation physique. En effet, j’ai remarqué que dans le monde de la préparation physique nous mettons l’accent sur la recherche de performance, sur le développement des qualités physiques, mais rarement sur l’approche fonctionnelle et posturale permettant des mouvements efficients avec un niveau correcte de mobilité et stabilité. La priorité est donc de s’assurer que les sportifs bougent bien, qu’ils soient équilibrés, stables, mobiles... et suffisamment coordonnés pour pratiquer leur sport en toute sécurité. A partir d'évaluations simples, il est possible d’observer certains déséquilibres et anomalies (asymétries, raideurs…) qu’il est important de corriger à l’aide de programmes correctifs pour réduire les blessures. Il est aussi important de tenir compte des antécédents traumatiques et l’historique des blessures pour prévenir les risques de récidives.

L’idée que je veux mettre en avant, à travers ce livre, c’est qu’il est possible d’optimiser les performances tout en cherchant à réduire les risques de blessures et allonger les carrières des sportifs. Ce livre va vous aider à mettre en place des stratégies individualisées allant dans ce sens.

Il s’adresse à ceux qui souhaitent élargir leurs compétences en préparation physique. Il est destiné principalement aux étudiants en sport, aux préparateurs physiques, aux sportifs, aux kinésithérapeutes, aux coachs personnels, ainsi que toutes personnes désireuses d'en apprendre plus sur la prophylaxie et la démarche en entraînement fonctionnel et athlétique. Mon but est qu’à la lecture de ce livre, chacun (du préparateur physique chevronné à l’étudiant STAPS), puisse apprendre quelque chose et également puiser des informations qui vont le sensibiliser à une démarche originale, le conduire sur d’autres pistes de réflexions, de nouveaux mouvements ou méthodes d’entraînement.

Si vous souhaitez en savoir plus, je vous invite à cliquer sur le lien suivant pour un aperçu gratuit du livre : Cliquez ici pour le visualiser sur Issuu.com

4ème de couverture de Prophylaxie et performance des qualités athlétiques
1ère de couverture de Prophylaxie et performance des qualités athlétiques

Figure 10. Prophylaxie et performance des qualités athlétiques, disponible sur Physiques Performance.

Comment te perçois-tu comme préparateur physique ?

B. Del Moral - Je crois que je me vois comme un préparateur physique qui travaille dur jour après jour, assimilant des informations, apprenant de ses erreurs (car on en fait tous), gagnant en expérience et qui se bonifie saison après saison.

J’essaie de faire mon métier avec un sens des responsabilités qui touche au rigorisme. J’essaie aussi de suivre le conseil que m’a donné Daniel Mercier, préparateur physique Québécois : "Il vaut mieux avoir vingt ans d’expérience que vingt fois un an d’expérience."

Qu'est-ce qui te passionne dans ton métier ? Et qu'apprécies-tu le moins ?

B. Del Moral - La préparation physique est ma passion. J’aime par-dessus tout les pré-saisons (la préparation avant la compétition). C’est une période épuisante mais surtout excitante et enthousiasmante. Je m’investis pleinement dans chaque pré-saison. Je suis aussi exigeant envers moi-même et mon staff de préparateurs physiques qu’avec mes joueurs. Ce qui me donne le plus de satisfaction, c’est la séance d’entraînement en elle-même. C’est là que je me sens vraiment à l’aise et le plus heureux. Lors de la séance, je joue le rôle du "catalyseur". J’entre dans une relation avec l’athlète qui me permet de l’accompagner et de l’aider à se dépasser. Je me considère comme un artisan ; ce qui compte le plus c’est de "fabriquer" un athlète, c’est-à-dire optimiser son potentiel, et faire en sorte qu’il progresse tout en respectant son intégrité physique.

Le côté négatif, c’est surtout le manque de moyens humains et financiers ! C’est un mal très Français. On n’accorde pas assez d’importance à la préparation physique ! Même s’il est vrai que je n’ai pas trop à me plaindre au Lou Rugby où j’ai de bons moyens, j’en veux toujours plus... J’aimerais avoir une salle de musculation avec encore plus d’équipements pour composer mes programmes sans me soucier de l’aménagement et de la fonctionnalité de la salle ; j’aimerais disposer d’un GPS par joueur pour encore mieux contrôler la charge d’entraînement, développer notre propre logiciel et embaucher un préparateur physique en plus pour assurer un meilleur suivi. D’un point de vue plus personnel, j’aimerais aussi consacrer plus de temps à mes proches et ma famille.

Le temps te manque...

B. Del Moral - Je considère qu’il est impossible de travailler 35 heures dans l’univers du sport où la performance immédiate (gagner le prochain match), le facteur temps, la réactivité et l’adaptation sont essentiels. Sans compter la pression du résultat. Personnellement, les 35 heures, je ne connais pas, mais je ne me plains pas car c’est mon choix. Mais attention : J’ai compris avec le temps qu’il ne fallait pas se réfugier uniquement dans le travail, se chercher des excuses ; ce n’est pas un gage de résultat. Il faut bien avoir en tête que le plus important ce sont les séances avec les sportifs. C’est là qu’il faut être à 100% mobilisé et très attentif, encourager, corriger, motiver, recadrer si besoin, et pour cela, il faut être frais et avoir de l’énergie, beaucoup d’énergie. Le sportif et encore plus celui de haut niveau, se fiche que tu aies préparé ta séance pendant 2 heures et que tu travailleras encore pendant 3 heures après la séance sur les outils d’analyse et sur la quantification de la charge d’entraînement (traitement cardio, GPS, etc.). Lui, la seule chose qu’il veut, c’est un préparateur physique disponible, entraînant, et qui arrive à le booster même lorsqu’il n’a pas vraiment envie et qui sait aussi faire preuve d’empathie quand il le faut.

Quels sont tes conseils pour les étudiants qui souhaiteraient s'orienter vers la préparation physique ?

B. Del Moral - Je tiens d’abord à préciser que j’accorde énormément d’importance à l’humain. Je parle pour la nouvelle génération robotisée par les nouvelles technologies ; Je leur dis de faire bien attention. Ils doivent prendre conscience que pour bien fonctionner, le rapport préparateur physique / sportif est essentiel ; c’est d’abord une relation, un accompagnement, un partage, des échanges, des ressentis... et qu’ils doivent pour cela commencer le plus tôt possible par des entraînements, une préparation en situation pratique sur le terrain, avec une équipe ou un groupe de sportifs pour améliorer leurs compétences et gagner en expérience.

Aussi, vous ne pouvez pas être trop cool ou sympa avec les athlètes, en tout cas pas dans un sport collectif comme le rugby ; ça ne marche pas. Et je suis bien placé pour en parler car j’étais un peu comme cela à mes débuts au stade Français : trop à l’écoute, souvent arrangeant. J’ai appris avec le temps qu’il faut être dur et juste avec les joueurs, leur fixer des règles et certaines limites à ne pas dépasser, leur dire ce que vous attendez d’eux et que si ça ne colle pas ils s’exposent !!!! J’ai aussi compris une chose en entraînant en rugby où il a y plus de 35 joueurs à préparer : Il vous est impossible de faire l’unanimité. Et à ce titre, je souhaite partager un commentaire de Bill Cosby : "Je ne connais pas la clé du succès, mais celle de l'échec est d'essayer de plaire à tout le monde."

Enfin, je m’adresse particulièrement à ceux qui veulent travailler sur le haut-niveau et qui recherchent la performance, l’excellence. Je crois qu’il est important de comprendre que les athlètes de haut-niveau et encore plus les champions, sont des gens "à part". Ils ne sont pas "normaux", ils sont souvent excessifs, obsessionnels, avec un caractère bien trempé ce qui fait d’ailleurs très souvent leur force. Alors vous imaginez que pour encadrer, préparer ses athlètes et tenter d’en faire des champions, il faut que vous en tant que préparateur physique, vous soyez aussi à "à part". Vous ne pouvez pas être quelqu’un d’"ordinaire" sinon vous vous faites manger, et vous n’arriverez pas à tirer la quintessence de vos athlètes.

Donc il est nécessaire que vous aussi vous ayez une forme d’obsession pour les faire progresser. Vous devez impérativement posséder une forte personnalité, des convictions affirmées et une méthode qui vous est propre. Vous devez gagner leur confiance, leur permettre d’être plus performant. Il vous faut pour cela, être un travailleur acharné, faire d’énormes sacrifices qui viennent parfois perturber ou compliquer votre vie privée et affective, et c’est quelque chose qu’il faut accepter et votre entourage également. Alors si vous souhaitez travailler sur du haut-niveau, c’est comme dans chaque métier, pour bien le faire, il faut se donner les moyens. Il y a bien entendu de nombreux avantages surtout celui de vivre de sa passion, mais aussi certaines contraintes qu’il faut connaitre et bien appréhender avant de se lancer.

Merci Benjamin d’avoir accepté de répondre à nos questions !

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